Lettre ouverte aux candidat·e.s à l’élection présidentielle pour changer la France grâce aux réseaux sociaux

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Chez Influence4You, nous sommes conscients de l’opportunité offerte par les réseaux sociaux (information, échanges, engagements), mais aussi des risques. Aussi, on porte une idée forte pour changer le monde : imposer 30 % de contenus éducatifs et culturels dans les fils des réseaux sociaux

Pour que cette idée soit portée au plus haut niveau, on a décidé de la soumettre aux candidats à l’élection présidentielle. Voici la lettre ouverte que nous leur avons envoyée dans le but qu’ils la reprennent dans leur programme.

Si vous êtes aussi d’accord avec cette ambition de faire des réseaux sociaux des armes d’éducation massive, n’hésitez pas à la repartager sur vos réseaux sociaux.

Objet : une réforme qui ne coûte rien et qui peut changer durablement la France «  imposer 30 % de contenus éducatifs et culturels dans les fils des réseaux sociaux ».

[Madame / Monsieur],

Je prends la liberté de vous soumettre une proposition qui ne coûte rien aux finances publiques, ne divise personne, et peut changer durablement ce que des millions de Français regardent — et apprennent — chaque jour.

Le constat

En 2004, le patron de TF1 expliquait que son métier consistait à vendre du « temps de cerveau humain disponible ». Vingt ans plus tard, ce commerce s’est industrialisé à une échelle que la télévision n’a jamais atteinte : près de 2 heures par jour et par personne, captées par des plateformes étrangères dont les algorithmes n’ont qu’un objectif, maximiser le temps passé pour le revendre. Face à cela, le discours politique se résume à interdire, restreindre, retirer. C’est nécessaire, ce n’est pas suffisant, et cela ne crée rien.

La proposition

Imposer aux grandes plateformes qu’au moins 30 % des contenus recommandés dans les fils algorithmiques soient éducatifs ou culturels.

Non pas 30 % de contenus imposés au hasard, mais 30 % de contenus éducatifs ou culturels recommandés selon les centres d’intérêt de chacun : qui suit du football verra de l’histoire du sport, de la physiologie, de la géopolitique. La recommandation reste personnalisée ; c’est sa composition qui change. Aucun contenu n’est retiré, aucune opinion censurée : on ne soustrait pas, on ajoute.

Élever, et non plus seulement capter

Trente pour cent, ce sont des millions d’heures quotidiennes rendues à l’histoire, aux sciences, à la littérature, au patrimoine, là où il n’y a que du divertissement calibré pour retenir.

Cela profite d’abord à ceux qui en ont le plus besoin. L’enfant dont les parents ont une bibliothèque et l’emmènent au musée dispose déjà d’un capital culturel ; celui qui n’a rien de tout cela n’a que son écran. Faire entrer la culture dans cet écran, c’est porter le savoir là où il n’arrive plus. C’est prolonger le travail des enseignants, dont l’effort cesserait d’être défait chaque soir. C’est enfin la seule réponse durable à la désinformation : une population qui sait comment fonctionne un vaccin, une élection ou une statistique est plus difficile à manipuler que celle qu’on se contente de protéger.

La République a rendu l’instruction obligatoire quand le savoir passait par l’école. Il passe désormais par le téléphone : c’est là qu’il faut porter la même ambition.

Ce n’est ni une utopie, ni une première

La Chine le fait déjà. Douyin, la version chinoise de TikTok éditée par la même entreprise, bascule automatiquement les moins de 14 ans dans un mode où l’algorithme pousse sciences, histoire et art. Pékin instruit sa jeunesse avec l’application et nous exporte la version conçue pour l’abrutir. Il ne s’agit pas d’imiter le modèle chinois ni sa censure, mais de cesser d’être le seul continent à ne pas se défendre.

L’Europe a déjà fait cela ailleurs : depuis 1994, les radios françaises diffusent au minimum 40 % de chansons francophones, et la directive européenne de 2018 sur les services de médias audiovisuels impose 30 % d’œuvres européennes dans les catalogues de Netflix ou Disney+. Le chiffre existe donc dans le droit de l’Union ; il n’a jamais été étendu aux plateformes qui occupent l’essentiel du temps d’écran.

Ce que cela change pour les créateurs

L’algorithme sanctionne aujourd’hui l’exigence : le vulgarisateur qui passe trois semaines sur une vidéo est perdant face à celui qui en produit dix, provocateurs, dans le même temps. Un quota de 30 % crée une demande garantie pour les contenus sérieux, oriente les investissements des marques vers la qualité plutôt que le buzz et fait émerger une filière européenne de la création éducative. Mesure culturelle, éducative et économique.

Gratuit pour l’État, simple à mettre en œuvre

Aucune subvention, aucun opérateur nouveau, aucune ligne budgétaire : la mise en conformité est à la charge d’entreprises dont les marges sont parmi les plus élevées au monde.

Quant à l’objection technique, elle n’est plus valable. Un comité indépendant européen — chercheurs, enseignants, institutions culturelles — établit un référentiel public, illustré par un corpus de contenus qualifiés qui sert de référence à des modèles d’IA européens ; la France dispose avec Mistral AI du savoir-faire nécessaire qui pourrait servir de levier technologique pour la mise en place d’une telle mesure. Le contrôle revient à l’Arcom et à la Commission européenne, que le règlement sur les services numériques autorise déjà à auditer les systèmes de recommandation. L’outil existe : il ne manque que l’obligation de résultat.

Ce que nous vous demandons

Cette proposition ne divise pas : parents, enseignants, créateurs, acteurs culturels, défenseurs de la souveraineté numérique et de la santé mentale des jeunes y trouvent chacun leur compte.

Nous vous demandons de prendre publiquement, dans cette campagne, l’engagement suivant :

Porter au niveau européen, dès le début du mandat, une initiative législative française instaurant un quota minimal de 30 % de contenus éducatifs et culturels dans les systèmes de recommandation des grandes plateformes.

La France a la légitimité pour être le leader de ce combat : elle l’a mené pour la chanson, pour le cinéma, pour l’exception culturelle. La prochaine bataille culturelle se joue dans les fils d’actualité des réseaux sociaux, et nous ne l’avons pas encore livrée. Comme au judo, utilisons la force de « l’adversaire » qui capte le temps de cerveaux de nos citoyens pour qu’elle serve le bien commun.

Je reste à votre disposition pour vous présenter plus en détail comment ce dispositif pourrait être facilement mis en place. Les réponses reçues seront rendues publiques.

Je vous prie d’agréer, [Madame / Monsieur], l’expression de ma haute considération.

Stéphane Bouillet, fondateur de Influence4You – plateforme d’influence marketing.

(image d’illustration générée par l’IA – texte travaillé avec l’IA)

Ecrit par Stéphane Bouillet

Diplômé d'HEC, Stéphane est le fondateur de Influence4You. Passionné de marketing, intervenant dans de nombreuses conférences, incubateurs ou ouvrages dédiés au marketing, n'hésitez pas à le suivre sur son profil Linkedin .

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